LE LIT DE DIEU
Enfourche le grand chariot puis le petit chariot qui mènent à la Grande Ourse.
Laisse-toi guider par l'étoile du berger, ne sois jamais mouton.
Alors seulement, après cette lumineuse croisière sidérale, tu pourras te
laisser glisser, dans un repos profond le vrai sommeil du juste.
Entrer heureux dans cette torpeur réparatrice entre vie et mort, la tête pleine
d'étoiles de mer et ...
Oublier, oublier vraiment, souci, tracas, chagrins des petits humains.
Sentir le bien d'être, frôler le rien du tout.
Et en te levant, comme les poètes, tu fredonneras comme eux :
Seul la nuit fait ouvrir les portes des prisons
Elle arrache les verrous des geôles de l'âme
Soir, tu rimes avec espoir
Ciel, tu rimes avec miel
Nuit, tu es miel de l'espoir
Aube d'un jour nouveau
Où tous les hommes seront beaux.
Plus jamais, je ne me coucherai
Sans avoir goûté ne serait-ce qu'un instant
A cette tendre lumière, le nectar des étoiles
Et si en cultivant ainsi votre horizon,
Une goutte d'eau céleste vient par hasard mouiller pudiquement votre front
C'est certainement que votre attention était si belle, tellement pleine de foi
Qu'elle en a ému les anges, et qu'ils en pleurent de joie.
Ciel ! tu as droit de regard sur notre profondeur !
Pénombre ! tu nous éclaires sur notre noirceur
Ether tu nous berces par la douceur de tes infinis
Pris au corps et au cœur par cette démesure
Notre vision perd ses limites, et notre corps s'allège
Mâjestueuse et sitencieuse mélodie, venue d'ailleurs
Olympe tu es partition céleste, aux mystérieux arpèges lactés
Cosmos qu'aucun ordre humain n'est venu encore contrarié
Je hisse ma voile vers cet océan de clarté diffuse
J'admire cette danseuse infatigable à la grâce éternelle
Je pulse corps et âme aux charmes de la vibration originelle
Je laisse mon regard se perdre loin vers un infranchissable horizon
Et je reste figé, béat devant ce grand passé plein de floraisons
Ombre-clarté sœur de la lune, qui fait lever tes océans
Tu fais pousser des roseaux dans la tête des hommes-goélan
Tu es régal pour tes petits lutins poètes
Abysse étoilée,tu es leur poumon, leur espoir, leur félicité
Et avec leurs yeux et les vapeurs fécondes de leurs nausées
Ils ouvrent nos paupières et nos yeux aux regards renouvelés
Ils fabriquent en secret, l'essence de fleurs de nos futurs destinées
Et distillent avec cette eau de jouvence parfumée
Le nectar des nouveaux mondes
Et ils fredonnent cette balade
Seule la nuit fait ouvrir les portes des prisons
Elle arrache les verrous des geôles de l'âme
Soir tu rimes avec espoir
Ciel tu rimes avec miel
Nuit tu es miel de l'espoir
Aube d'un jour nouveau
Où tous les hommes seront beaux
Je jure au ciel, que plus jamais
Plus jamais, je ne me coucherai
Sans avoir goûté, ne serait-ce, qu'un instant
A cette tendre lumière, le nectar des étoiles
Et si, en cultivant ainsi votre horizon
Une goutte d'eau céleste vient par hasard, un pur hasard
Mouiller pudiquement, votre front lissé
C'est certainement que votre attention était si belle
Et tellement pleine de foi
Qu'elle en a ému les anges et qu'ils en pleurent de joie.
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