LETTRE QU'UN PRISONNIER DE GUERRE AURAIT PU ÉCRIRE À SA MÈRE Maman je t'aime. Ce n'est pas de ma faute si je suis là. Maman je t'aime et je pense à toi. Je suis si loin, derrière des barbelés et je n'ai que mes yeux pour pleurer Je ne peux toucher ni ta joue, ni ton visage. Je suis loin de toi et j'ai froid Le feu de la cheminée me manque déjà reste à côté du feu, je reviendrai un jour. Maman attend moi. Ici c'est l'hiver dans la cour Je prie pour toi mais j'ai peur tu vois je suis loin de chez nous et ton amour me manque chaque jour davantage Je ne peux quitter ces fils barbelés, ni venir te dire bonjour. Je t'aime à en mourir et je suis si loin de toi. Je ne peux que t'écrire, répond moi je t'en supplie. Je suis parmis tant d'autres prisonniers de guerre. Je ne sais plus sourire. Maman ne pleure pas, un jour la guerre finira et on se retrouvera. J'irai vers toi et tu me tendras les bras où tu me berçais autrefois en chantant pour m'endormir. Ici ce n'est pas le paradis, c'est l'enfer que les hommes ont créé ; l'agonie d'un prisonnier ... Je reviendrai bientôt, tu me retrouveras au coin de la gare. Tu m'attendras jour après jour. Je termine ma lettre et espère te revoir un jour, sinon Dieu nous rassemblera et je te présenterai à mon tour mes enfants peut-être dans dix ans, peut-être dans cent ans. Je t'embrasse, je t'aime, je pense à toi Ton fils Louis. Meunier J-C - 7.3.2002 © Tous Droits réservés aux auteurs.
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