L'INDIFFÉRENCE Traquée le jour ou la nuit Etre constamment suivi comme une bête Se sentir épier, celui que l'on veut tuer comme la souris Ne pas comprendre la vie des autres enfuis Dans sa peau traqué et ne pas être compris Le chasseur cherche sa proie et l'instant Pour détruire la bête et l'humilier Et ne voit plus que le moment D'être abattu pour ne plus en parler La bête peut-être n'importe qui où qu'il soit Clochard, sans abris ou alcoolique On ne veut pas le voir fermer les yeux Diront d'autres, vous n'avez rien vu il est cynique Même plus un regard, il n'a pas le temps, il pleut ... Dans son cœur, le vent ne chasse pas ses ennuis Il court et ne trouve pas l'abri Même parfois on le trouve, il est chassé Et personne ne se demande où il est passé S'il n'est plus là, c'est parce qu'il a reçu du plomb Ou peut-être qu'il est tombé plus au fond Aujourd'hui plus personne ne se demande Si son voisin est encore derrière sa porte Si les ennuis le guettent peut-être qu'il demande Tout simplement un peu de paix, que personne ne toque S'il est là ou pas, peu importe ce silence Quand dans le temps on vivait encore dans des maisons, Le voisin se demandait: "où est notre compagnon ? Je l'ai vu hier, il avait bu un coup de trop" Maintenant dans nos blocs c'est à peine si une main Vient frapper aux portes de nos blocs En arriver à forcer le soir et le matin Pour dire bonjour à son voisin: "salut pote" Ce beau jour n'est pas une peau de chagrin Simplement moi, le voisin d'à côté qui frappe à ta porte Et qui te demande si tu vas bien Nous sommes du même village de briques Et c'est par pour cela que l'on ne doit pas se rendre visite. J.C. MEUNIER 1999 © Tous Droits réservés aux auteurs.
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